L'imagier poétique de Rose Sznajder
Pluridisciplinaire, l’œuvre de Rose Sznajder est aujourd’hui présentée au public : c’est peu dire combien nous nous en réjouissons !
.ous avons eu cette chance de bien connaître l’artiste, de l’accompagner dans des aventures collectives aux quatre coins de la planète et de partager des
moments inoubliables vécus sous la bannière de la solidarité artistique, éthique de Fraternité des arts et des artistes qui nous anime depuis toujours. Rose, qui nous fit rencontrer Cabu et Wolinski…, aura fait preuve d’un dévouement sans faille pour la communauté artistique du Salon d’Automne auquel elle est restée fidèle, Salon où s’affichèrent, de Paul Cézanne à Lucien Clergue, les grands photographes du siècle dernier.
Sans jamais se mettre en avant, Rose y dirigera la section de la photographie avec une exigence qualitative non négociable mais avec une profonde et contagieuse humanité. Artiste du chuchotement, sa discrétion si touchante et qui la caractérise, lui fit prendre le risque bien réel de disparaître derrière la joyeuse et nombreuse cohorte des exposants… Une injustice que la rétrospective de son œuvre à la mairie du 9e arrondissement, de concert avec la Galerie Saphir, ne manquera pas de réparer.
Alimentant le corpus d’une étonnante diversité plastique, peintures et photographies sont enfin livrées à l’appréciation du public. Pour beaucoup, ce sera une découverte. Et quelle découverte !
Marquées au sceau de l’élégance, les peintures, que l’on serait trop aisément enclins à classer à la rubrique de l’abstraction lyrique, manifestent son talent à faire chanter les teintes tout en évitant l’agressivité de tutti trop sonores. De larges traînées de couleur y dialoguent à l’unisson et retiennent notre regard par une écriture raffinée, loin de toute ostentation déclamatoire. Les peintures de Rose Sznajder se déclinent comme autant de poèmes autonomes, légers comme le vent, lents comme la marche des nuages, purs comme la rosée du matin. Elles ont la faculté de s’imprimer longtemps dans notre mémoire, telles ces mélodies entêtantes qui nous habitent parfois du matin au soir…
Le contraste avec les photographies est saisissant. Les différentes séries, Musée Picasso, Quai Branly, Tokyo…, témoignent de l’étonnante faculté d’adaptation de notre plasticienne : à chaque sujet sa technique ! Cubistes pour les unes (Quai Branly), futuristes pour les autres (Musée Picasso), ou encore impressionnistes (Sables, Marée basse - Île de Ré), ou laissant échapper son admiration pour Rothko (Tokyo), l’artiste y décline toute la gamme de ses émotions qu’elle nous transmet en adoptant la forme plastique la plus à même d’épouser son propos.
Mais toujours, au fil des œuvres se lit cette hyper sensibilité songeuse et méditative, cœur battant d’une œuvre multiforme où palpite la musique légère, mozartienne, d’une compositrice hors norme. Bienvenus dans l’univers poétique de Rose Sznajder !
Noël Coret
Auteur - Ecrivain d'Art
Rose Sznajder, la poésie dans la peinture
L’œuvre de Rose Sznajder, dans sa peinture comme dans ses photographies, est empreinte d’une quête de spiritualité, d’une évasion du monde réel, qu’elle sait pourtant difficilement atteignable. C’est pourquoi malgré quelques expériences dans la figuration elle a finalement opté pour l’abstraction.
Dans ses photographies partant d’un réel architectural implacable, elle parvient à créer des abstractions géométriques très originales dans lesquelles elle joue magistralement avec la lumière qui contraste avec les masses sombres créant une atmosphère étrange. Néanmoins, quelques photos minimalistes et presque monochromes rappellent ses peintures abstraites de style lyrique.
Dans ses peintures des années 90, dans lesquels apparaissent des paysages abstraits, en rouges, en terre de Sienne et en blancs, Rose Sznajder y exprime une nostalgie des années de son enfance, passées au Venezuela.
Dans son œuvre actuelle, au-delà de la gestuelle, à laquelle elle est très attachée et qui donne à sa peinture son aspect lyrique, la lumière structure ses toiles de la même façon qu’elle le fait dans ses photographies et c’est cela qui donne une cohérence et une unité à un ensemble d’œuvres qui se situent dans les tendances abstraites de notre temps, avec une touche personnelle forte et attachante.
Alec Borenstein
Peintre
« Il y a création seulement là où dans les tableaux apparaît la forme qui ne prend rien de ce qui a été crée dans la nature mais qui découle des masses picturales sans répéter et sans modifier les formes premières des objets de la nature »...
(Malevitch dans « Du cubisme au suprématisme »)
En contemplant la nouvelle série des photographies de Rose Sznajder, on ne peut s’empêcher de penser à Malevitch, à sa quête d’abstraction et à sa recherche d’une quintescence spirituelle. La tentation abstraite chez Rose Sznajder ne date pas d’hier, elle s’est installée au fil du temps et participe de son passé de peintre. Pour elle, il ne s’agit pas de prendre une photographie de tel ou tel sujet car le conforme au réel ne l’intéresse guère mais il s’agit bien de créer. Créer, c’est à dire aller au-delà de la réalité objective et laisser l’appareil photo à sa place d’outil pour donner au cortex visuel toute la plénitude nécessaire à la liberté d’expression.
« Transcender la simple représentation et dévoiler ce qui résonne dans une autre dimension contenant une signification différente », disait Siskind.
Dans cette exposition intitulée « Échappées abstraites », Rose Sznajder nous donne à voir sa nouvelle série de photographies. D’emblée, notre regard est happé par des jeux de lignes horizontales, verticales et obliques, de vibrants aplats colorés et des figures géométriques qui s’organisent entre elles, sans heurts. Le brun, le blanc, le bleu, le noir, le jaune, le rose, le gris, le rouge s’effleurent et se placent posément. De ces abstractions surviennent, peu à peu, des ombres qui nous appellent d’un ailleurs vertigineux... Où sommes nous vraiment ? Dans un « entre soi » spatial ou terrestre ? Notre vision hésite entre un imaginaire céleste et un espace totalement cartésien. C’est aussi dans cette valse hésitation, dans cette pirouette rétinienne que réside toute la force de ces photographies.
Pour Rose Sznajder, tout édifice est une offrande à la lumière et les architectures, quelles qu’elles soient, sont des lieux de réflexion et de plaisir. Sans la connaitre, on devine d’emblée ses attirances pour l’espace, pour les volumes et son appétit des couleurs. On imagine aussi ses promenades en ville, ses flâneries le long des murs, ses pauses et son observation du détail, ses effleurements visuels des matériaux et son bonheur, tout simplement. Le bonheur de découvrir et de nous faire découvrir l’âme de ce qu’elle photographie.
Aline Jaulin
Critique d’Art
Galerie L’Oeil du Huit - 2018
Exposition Échappées abstraites
L'Abstraction géomètrique
En exposant les tirages de Rose Sznajder,L'Oeil du Huit s'inscrit dans la lignée de la célèbre Denise Renée et autres galeristes qui on favorisé la diffusion de l'abstraction géomètrique. Les lcouleurs pastel du ciel bleu et du mur rose éposent les angles de l'édifice saisi en contre-plongée...alors que la silhouette d'une échelle vient lécher ce que nous devinons être un toit mais qui pour nous se transforme en morceau d'imaginaire. Ils témoignent égement de la volonté créatrice de l'artiste qui ne s'intéresse pas au réel : elle veut créer. Rose Sznajder nous donne finalement une leçon de regard: le réel que nous voyons figuratif peut être abstrait.
Marie-AmélieMuriel
Officiel des galeries et musées - novembre 2018
Paysages, 2013
On enseigne qu’il est inutile et vain de représenter avec peintures et pinceaux ce que la photo fait mieux que le peintre. Mais si celui ou celle qui appuie sur le déclencheur décide de travailler comme un peintre contemporain et entreprend de capter l’espace et le temps, cela donne Jérusalem I et II et les paysages rhétais de Rose Sznajder.
C’est une pratique très contemporaine que d’écarter la profusion de détails qui s’offre au regard pour n’en tirer qu’un passage de la clarté à l’ombre, un brouillage de la réalité, une instantanée de la chose entrevue où un élément devient soudain saillant comme cette silhouette furtive, ou l’idée d’une étroite ruelle de Jérusalem. Le temps de la contemplation s’exprime aussi dans la photographie de Rose Sznajder. Par une belle soirée au bord de la mer, l’obturateur reste ouvert pour tout capter, faire une image de toutes les images.
Et puis il y a ces derniers clichés re-travaillés avec des glacis qui font de chaque tirage une œuvre unique, une vision vibrante d’un horizon au crépuscule, sous le grand soleil, ou à la manière de ce que les cinéastes appellent « Nuit américaine ».
Pour Rose Sznajder, traduire l’émotion est primordial.
Elle absorbe l’image qui ensuite nous absorbe.
Catherine Métais
artiste plasticienne - conférencière au musée Beaubourg
Historienne de l'Art
Place à l'émotion
Qu’elle aborde les séries des « Fragments », des « Paysages » ou de la « Mémoire » qu’elle traite avec une infinie délicatesse, Rose Sznajder cherche dans sa quête philosophique le chemin qui mène à la clé.
Au déroulé de cette œuvre, place à l’émotion, à la poésie.
Survient une rencontre avec une poupée, récupérée dans une brocante, devenue sa muse et qui dépasse largement son statut de simple jouet. Abordée avec la retenue nécessaire à la psyché, cette poupée sera le témoin d’une certaine forme de tragédie, expression de la dramaturgie de l’œuvre vers son destin. Cette série sera exposée au SOAL 2013, première édition du Salon d’Automne d’Amérique Latine, à l’Alliance Française de Sao Paulo, avec une photographie, « Sous le Soleil », qui obtiendra le Prix d’Honneur.
Objets du quotidien avez-vous donc une âme? Oui, répond l’artiste, riche de sa cueillette d’objets trouvés dans la rue, qu’elle exposait en 2015, lors d’un concours à La Rochelle (Exposition Prix des Mouettes) où elle était sélectionnée avec « Le caddie rose » et autres créations ludiques.
L’imprécision des contours comme parti pris, efface toute limite de l’homme et du « Paysage », autre série qu’elle traite en émanence. Homme et nature, même combat, ainsi il n’y a pas de limite au possible !
« La Robe de mariée » apparaît aujourd’hui dans une série de recherches très énigmatiques qui touchent l’intime et renvoient au prisme du souvenir, avec pour technique des photographies ajoutées de peinture, de graphite, d’inclusions de textiles…), ce qui en fait des éditions uniques.
Nous sommes conviés à l’observance, en silence, pour des expositions que nous suivrons avec grand intérêt:
Mylène Vignon
DIrectrice de la rédaction
Conférence du Collectif "Pour une politique de la relation", organisée par la Maison des Passages de Lyon.
Théâtre de La Villette Paris Dessin d'Edouard Glissant, 2016
Présentation de la section photographie du Salon d'Automne,
France-Tel-Aviv Israel, 2012
Direction artistique pour la création d'une fresque collective sur le thème de l'Europe, Hôtel Sofitel, Paris 16 ème, 2010
Exposition collective, "Action Haiti " au Ministère de la Culture,
Paris 4ème, 2010
contact : (+33) 06 87 82 49 70 / mail : rose-s@club-internet.fr
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